Ceux qui sont las des commentaires dans les docs animaliers vont être servis : « Bovines, ou la vraie vie des vaches » (Bathysphères productions, réalisation Emmanuel Gras, 1h04) est un film à hauteur de vache, sans aucune musique ni voix off, sans même une phrase de présentation. Cow attitude, slow attitude, voici une belle occasion de prendre le temps de regarder vraiment un animal, à son rythme et non au nôtre. La vache broute, rumine, se repose, elle met bas ou secoue les branches d'un pommier pour en faire tomber les fruits… La séquence de la camionnette emportant des veaux à l'abattoir, dans le concert de meuglements d'appel de leurs mères, ne passe pas sous silence le triste destin de ce que l'on appelle le bétail. Ce film est relativement expérimental, mais plein de charme, de force et d'authenticité, qui rend hommage à la vraie nature des vaches et à la campagne "normale", loin des élevages en batterie qui sont pourtant devenus la norme. Personnellement, j'ai adoré cette manière de regarder enfin les vaches pour ce qu'elles sont : des animaux attachants. Sortie aujourd'hui 22 février. Le cinéma indépendant : http://www.lacid.org/
mercredi 22 février 2012
mercredi 15 février 2012
Paris Wermus, Paris cactus
Sur FR3 Paris Île-de-France aujourd'hui à 13 heures
mercredi 8 février 2012
"Vivre avec les bêtes" dimanche
La vache à l'honneur sur France Inter
Dimanche à 15h dans l'émission "Vivre avec les bêtes", Allain Bougrain Dubourg me soumet à la questionnette sur la vache, et me demande en quoi elle est un animal magique. Saviez-vous, par exemple, que les vaches sont plus proches génétiquement des baleines que des chevaux ? Savez-vous comment approcher des vaches dans un pré ? Connaissez-vous la différence entre la dominante et la meneuse ? Enfin une occasion de penser avec autre chose que l'estomac, et d'arrêter de ne voir dans les vaches que des fabriques de lait et des steaks sur pattes ! D'autre part, la philosophe Florence Burgat sera l'invitée d'Elizabeth de Fontenay pour son livre "Une autre existence" (Albin Michel). Il y sera aussi question de chants de baleines avec Olivier Adam...
Bovines câlines, copyright Bathysphère
lundi 6 février 2012
Conférence en Eure-et-Loir sur les amphibiens
Pour sensibiliser les habitants et les élus au problème des crapauds écrasés chaque année lors de leur migration, Françoise Serre-Collet, du Muséum national d’histoire naturelle et moi-même proposons une conférence, « Pour les beaux yeux du crapaud », à la salle des fêtes de Saint-Piat (Eure-et-Loir) samedi 11 février à 16h30. Mais vu la météo, la sortie nocturne prévue à 18h est fortement compromise... Cette conférence est organisée par Eure-et-Loir Nature, l'ASPAS et le club CPN Les Clouks.
Eure-et-Loir Nature http://www.eure-et-loir-nature.asso.fr/accueil.html Pour les beaux yeux du crapaud http://www.eure-et-loir-nature.asso.fr/evenement.html
Fédération des CPN http://www.fcpn.org/
Fédération des CPN http://www.fcpn.org/
ASPAS www.aspas-nature.org Campagne amphibiens http://www.aspas-nature.org/index.php?option=com_content&task=view&id=257&Itemid=130
samedi 4 février 2012
Les lièvres bouquinent
La saison des amours a déjà commencé
Chez les lièvres, ça manque de filles...
Source http://www.chassimages.com/forum/index.php?topic=40939.0 Manuel 77
Source http://www.chassimages.com/forum/index.php?topic=40939.0 Manuel 77
C'est parti ! Même dans la neige, les lièvres mâles parcourent les campagnes à la recherche de femelles, qui sont moins nombreuses qu’eux. Lorsqu’ils en trouvent une, ils sont plusieurs à la poursuivre de leurs ardeurs : le harcèlement peut durer plus d’une journée ! Les mâles se livrent alors des combats de boxe, dressés à la verticale les uns contre les autres : ils bouquinent. Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, le bouquinage n’est pas forcément l’apanage des mâles (on ne peut pas distinguer les deux sexes sur le terrain). Les femelles se battraient également pour se défendre quand elles ne sont pas consentantes, si besoin à coups de dents. L’accouplement est rude. La femelle est giflée, mordue dans le dos, et certains biologistes pensent que cela provoque une forme d’hypnose. Sympas, ces petites bêtes...
D'où vient ce mot "bouquiner" ?
Le lièvre mâle s'appelle bouquin, ce qui veut dire « petit bouc ». C’est une allusion aux touffes de poils arrachés que l’on trouve, sur le terrain, après les violences amoureuses des lièvres. Aucun rapport avec les livres et la lecture...
vendredi 27 janvier 2012
"La France sauvage" sur Arte
J’ai eu la chance de participer à l’aventure de la France sauvage : trois ans de travail intensif pour la conception et l’écriture des scénarios et des commentaires, ainsi que le visionnage et le conseil naturaliste de dix épisodes de 52 minutes qui seront diffusés à partir du 9 avril. Ces films racontent les dix milieux naturels les plus représentatifs de France : la forêt, les falaises bretonnes, la Méditerranée, la garrigue, la montagne, le littoral nord, le fleuve sauvage, les mille étangs, le bocage, et la nature en ville. Presque tous les photographes et cinéastes animaliers de France ont été mobilisés pour les réaliser, et pas des moindres : Laurent Charbonnier, Philippe Garguil, Jérôme Bouvier, Jean-François Hélio, Nicolas Van Ingen, Georges Antoni, Isabelle Dailly, Sylvain Garassus, Jacques Martin, Louis-Marie Préau, Erik et Anne Lapied, Benjamin Blanc, Yannick Cherel, Julien Ducroquet, Geoffrey Garcel, Samuel Guitton, Samuel Toutain, René Heuzey, Mathieu Le Lay, Jérôme Maison, Jérôme Mauzey, Nicolas Cailleret... ouf ! Inutile de dire que les images sont magnifiques, et que les naturalistes locaux ont contribué à nous mettre aux premières loges du spectacle de la nature.
En bref : les dix épisodes développés, avec des infos drôles ou étonnantes sur le fonctionnement de la nature et sur les mœurs des animaux, seront diffusés à partir du 9 avril. Une déclinaison de 90 minutes conçue par la production en a été tirée, elle aussi appelée "La France sauvage", c'est celle-ci qui passe ce dimanche 29 janvier. Mais je tiens à préciser que je n’ai pas écrit les commentaires de la version longue qui a été diffusée le 29 janvier.
Plus d'infos dans les différentes annonces de ce blog, notamment sur Sophie Marceau, qui a prêté sa voix aux commentaires.
mercredi 25 janvier 2012
"La France sauvage" Arte, la version longue
Ce beau documentaire passera dimanche (Voir plus haut). Il s'appuie sur le travail accompli pour les dix épisodes qui seront diffusés en avril, mais je n'ai pas collaboré aux commentaires de cette version, que cela soit clair...
Le lynx, personnage fort mais discret
extrait du film
mercredi 18 janvier 2012
Batman, Stallone et le soutien-gorge énigmatique
Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, Jet Li et Jean-Claude Van Damme ont participé au tournage du film « The Expendable 2 ». Rien que du lourd, du musclé, du méchant. Avec des explosions et des cascades au menu, il y a eu des dégâts collatéraux : en Bulgarie, l’équipe de tournage a fait fuir des milliers de chauves-souris de la grotte Devetachka, les vouant à une mort probable, car elles étaient en pleine hibernation. Les scientifiques de Sofia ont porté plainte. Batman, l’homme chauve-souris, n’aurait pas laissé passer ça ! Et moi, j'irai pas voir le film...
oreillard brun, photo Douglas Kalifa
L'énigme du soutien-gorge vibreur
L'histoire est véridique. Je la tiens de Laetitia Barlerin, vétérinaire médiatique et auteure du livre "Histoires incroyables d'animaux pas comme les autres" (Albin Michel 2009).
Cela se passe dans une université des Etats-Unis. Étudiante timide, Jennifer Simon a un problème, mais elle n’ose pas se lever et déranger le cours, et encore moins affronter les sarcasmes des garçons. Ce n’est pas une envie pressante qui la préoccupe, c’est… une inquiétante vibration dans son soutien-gorge. La jeune fille a d’abord pensé au téléphone portable qu’elle porte autour du cou, mais il est éteint. Discrètes et irrégulières au début, les inexplicables vibrations deviennent continues. Jennifer frôle la panique, mais elle tient bon. À peine l’interminable exposé du maître est-il achevé qu’elle se rue dans les toilettes et cherche la raison de ses tourments. Et là, c’est le choc : elle découvre une chauve-souris, glissée entre le tissu et le coussinet de son soutien-gorge ! Le réflexe de répulsion une fois passé, elle relâche l’animal par la fenêtre des toilettes, finalement bien soulagée.
Décryptons cette histoire véridique avec la froideur qui sied au scientifique : les spécialistes le savent, plusieurs espèces de chauves-souris se mettent à vibrer lorsqu’on les prend dans la main. C’est aussi une manière de faire fuir les indésirables. Les mâles de grand murin, par exemple, bourdonnent de la même manière qu’un essaim de frelons lorsqu’un intrus s’approche de leur gîte. Bref, le fait que cette chauve-souris se sentant en danger se soit mise à vibrer est finalement tout à fait explicable. Mais que diable faisait-elle dans cette galère ?
C’est le moment de se rappeler que les chauves-souris repèrent facilement la moindre fissure de rocher, le moindre interstice dans lequel elles pourraient s’abriter. Or, Jennifer Simon s’est souvenue qu’elle avait fait sécher ses sous-vêtements la veille au soir dans son jardin, non loin d’un lampadaire fréquenté par les chauves-souris. Selon toute logique, l’une d’elles a cherché un refuge douillet au petit matin : l’énigme du soutien-gorge vibreur est résolue. ça vous a fait peur ?
Ce texte est extrait d'un livre en cours d'écriture à paraître chez Robert Laffont.
Portraits de chauves-souris extraordinaires (publiées dans Drosophile), esquisse au crayon pour une illustration du même livre à paraître chez Robert Laffont en 2013, qui ne parlera pas que de chauves-souris...
Cliquez sur le dessin pour le voir plus grand, cliquez sur le fond noir pour revenir à la page.
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De gauche à droite, et de haut en bas
Chauve-souris porte-épée de Tomes (Lonchorhina aurita). Son nez en forme de glaive dépasse 2 cm de long. La languette interne de l’oreille (appelée tragus) joue un rôle dans la réception des ultrasons.
Hypsignathe monstrueux (Hypsignathus monstrosus). C’est la plus grande chauve-souris d’Afrique (1 m d’envergure), elle se sert plus de sa vue que de son système d’écholocation. Les mâles se rassemblent pour parader et chanter devant les femelles, comme le font nombre d’oiseaux à la saison des amours. C’est un des rares mammifères à adopter ce comportement nuptial.
Chauve-souris ridée (Centurio senex). Comme la chauve-souris porte-épée de Tomes et l’artibée, cet animal digne de la science-fiction fait partie des chauves-souris à feuille nasale du Nouveau Monde, aux faciès extraordinairement variés.
Nyctère de Geoffroy (Nycteris thebaica). Cette chauve-souris très agile vit au Moyen-Orient, en Afrique et à Madagascar. Elle attrape des scorpions au sol ou des insectes dans les arbres.
Molosse rouge (Molossus rufus). Certains molosses ont des bajoues pour transporter leur nourriture. Ils doivent leur nom à leur ressemblance avec les chiens.
Artibée (Artibeus sp.). Elle édifie des « tentes », dans lesquelles 20 à 30 animaux peuvent s’abriter. 16 espèces de chauves-souris d’Amérique tropicale se construisent des tentes en sectionnant le rachis (l’axe central) de grandes feuilles de plantes. La feuille se plie mais reste vivante, et la tente reste solide des années.
2012 est l'année internationale de la chauve-souris
mercredi 11 janvier 2012
Bonne année de curiosité et de découvertes !
Le "sixième sens" des animaux
Dans quel univers vit l'hippocampe ? Une chose est sûre : il possède des sens que nous n'avons pas.
Une interview sur le monde sensoriel des animaux est publiée sur le site de l'INREES, l'Institut de recherche sur les expériences extraordinaires:
http://www.inrees.com/articles/Marc-Giraud-S-interesser-aux-sens-des-animaux-c-est-etre-en-pleine-science-fiction/
Elle a été réalisée dans le cadre de la série "Enquêtes extraordinaires" de Stéphane Allix pour M6. Ces documentaires intelligents sur des sujets délicats ne prennent pas de position d'emblée, et n'ont rien de farfelu ni de racoleur. Ils pointent juste du doigt les phénomènes observés par de nombreuses personnes, et souvent négligés par beaucoup de scientifiques, voire raillés. Sur les sens des animaux, une chose est sûre : chaque espèce vit dans un univers sensoriel totalement différent des autres, et il nous est impossible de comprendre comment une mouche voit le monde à travers ses yeux à facettes, comment une chauve-souris scrute son environnement par les oreilles, comment un poisson perçoit les mouvements extérieurs par les capteurs disposés le long de son corps. Et songer à cela, c'est déjà se plonger en pleine science-fiction...
http://www.inrees.com/articles/Marc-Giraud-S-interesser-aux-sens-des-animaux-c-est-etre-en-pleine-science-fiction/
Elle a été réalisée dans le cadre de la série "Enquêtes extraordinaires" de Stéphane Allix pour M6. Ces documentaires intelligents sur des sujets délicats ne prennent pas de position d'emblée, et n'ont rien de farfelu ni de racoleur. Ils pointent juste du doigt les phénomènes observés par de nombreuses personnes, et souvent négligés par beaucoup de scientifiques, voire raillés. Sur les sens des animaux, une chose est sûre : chaque espèce vit dans un univers sensoriel totalement différent des autres, et il nous est impossible de comprendre comment une mouche voit le monde à travers ses yeux à facettes, comment une chauve-souris scrute son environnement par les oreilles, comment un poisson perçoit les mouvements extérieurs par les capteurs disposés le long de son corps. Et songer à cela, c'est déjà se plonger en pleine science-fiction...
A découvrir, le magazine "Inexploré" n°13, avec de Sylvain Tesson, David Lynch et Boris Cyrulnik...
dimanche 1 janvier 2012
mardi 27 décembre 2011
Il y a "France sauvage" et "France sauvage"
La France sauvage, le livre
La couverture du livre des éditions de La Martinière
Ce livre présente les dix principaux milieux naturels français, qui correspondent aux dix docs télé de Arte (voir plus loin). Les espèces rares y côtoient les animaux familiers...
Le lynx des Vosges (les photos du livre sont plus lumineuses que celle-ci !)...
...les barracudas, les girelles et les dauphins de Méditerranée...
et le phoque gris de Bretagne
Spécialiste truculent de la faune de proximité, Marc Giraud nous offre dix balades à travers dix milieux naturels français : les falaises bretonnes, la forêt, la Méditerranée, la garrigue, la montagne, le littoral nord, le fleuve sauvage, les mille étangs, le bocage et la ville. De fait, le livre est le complément « papier » d’un ensemble de dix documentaires également appelé « La France sauvage » produit par Gédéon qui va être diffusé sur Arte en 2012. L’auteur en a écrit le scénario et les commentaires.
Une grande partie des illustrations sont des images issues directement des films. Très visuel, le livre se feuillette avec bonheur. On s’arrête sur une image ou une accroche texte et on se plonge dans la lecture du paragraphe ou d’un encadré. Chaque chapitre est enrichi d’une double page, véritable planche contact légendée qui met en lumière et explique un sujet – le plancton, la posidonie, la vie après un incendie, la fable du renard et de la vache, à la conquête du bitume, etc.
Marc Giraud sait mieux que personne pointer l’extraordinaire de la vie ordinaire comme en témoignent les premières lignes de son introduction : « Luttant contre un blizzard glacé, des pingouins volent au-dessus des phoques dans des gerbes d’écumes. Sur une terre brûlée par le soleil, deux tortues s’affrontent pour une femelle à grands coups sonores de carapaces. Non loin de là, des vautours se battent pour une carcasse, un requin géant engouffre du plancton, une plante carnivore englue un papillon, un lynx surveille son territoire… Tout cela se passe en France, tout près de chez vous ». Voilà, le ton est donné. Alors n’hésitez pas à suivre le guide, il est excellent.
La France sauvage, les docs télé
En fait, il en existe plusieurs
La plus ancienne est une série de documentaires dix 26 minutes enregistrés en 2005 (Phasmy productions, réalisateur Bernard Morin)) au cours desquels je présente dix régions : les Pyrénées, la Brenne, la Bretagne, la Camargue, les marais de Charentes-Maritimes, le Marquenterre en Baie de Somme, Millevaches en Limousin, la Moselle, Fontainebleau, et la Guadeloupe. Ces documentaires sont toujours régulièrement diffusés sur les chaînes du groupe AB, notamment la chaîne Animaux.
Une autre série intitulée "La France sauvage", dix 43 minutes enregistrés en 2010/2011 (Gédéon Programmes, réalisateurs Frédéric Febvre et Augustin Viatte), sera diffusée sur Arte au printemps 2012. J'en ai écrit les scénarios et les commentaires, et c'est Sophie Marceau qui donne sa voix. C'est l'épisode "La forêt des Vosges" qui a reçu le prix du meilleur film pédagogique à Ménigoute (voir plus loin). Enfin, une déclinaison de 90 minutes conçue par la production est diffusée le 29 janvier sur Arte.
Des images tirées des films ont permis ces petites histoires simples illustrées comme des story boards. Ici, l'on découvre comment le renard se rend utile à l'élevage. En éliminant les campagnols, il libère leurs terriers. Or, les bourdons terrestres nichent dans ces terriers abandonnés. Ce sont des grands butineurs de trèfles, plantes dont raffolent les vaches. Tout un écosystème !
samedi 17 décembre 2011
Denis Cheissoux, Marc Jolivet et Miss France
Marc Jolivet
photo DR
Denis Cheissoux m'a invité ce samedi sur France Inter dans son émission "CO2 Mon amour" en compagnie de Marc Jolivet, humoriste connu pour sa sensibilité aux enjeux de l'écologie. Ce fut en direct, et on s'est bien amusés. Bon client, le Jolivet ! Du rire, de l'émotion, de la vraie... Il m'a engagé comme parrain de son association "Rire pour la planète", ça me va ! Entre autres, nous avons parlé des richesses naturelles de nos terroirs à l'occasion de la sortie de "La France sauvage" (voir plus loin dans ce blog), mais aussi des problèmes de la chasse dans notre pays (voir aussi dans ce blog le "Livre noir de la chasse"), notamment les accidents de chasse mortels et le déterrage des blaireaux. Une barbarie sans nom, et merci à Denis de m'avoir donné l'occasion de révéler des violences de cette chasse, très pratiquée en France et si peu connue du public. Jean-marie Pelt nous a raconté l'histoire de l'aspirine, dont la substance active, l'acide salicylique, vient du saule. Toujours passionnant. "CO2 Mon amour" est à ma connaissance la seule émission de radio nationale entièrement consacrée à l'écologie. Tiens tiens, France Inter est aussi la radio qui fait le meilleur taux d'écoute le samedi après-midi...
Ma pomme avec Denis (à droite), photo Antoine Hugounet
Le botaniste Jean-Marie Pelt aux côtés de Denis Cheissoux (en rose)
photo DR
Miss France et les animaux
Miss France et les animaux
Delphine Wespiser n'a été ni maladroite ni choquante chez Ruquier samedi dernier. Je ne comprends même pas la polémique autour de notre Miss France 2012, qui aurait eu le culot de "comparer les humains et les animaux". Sauf pour quelques créationnistes et autres fondamentalistes, qui considèrent l'être humain comme un être à part, quasi divin, il n'y a pas de quoi s'étrangler : lorsqu'on est réellement sensible, on l'est pour les humains ET pour les animaux. En fait, Marguerite Yourcenar avait formulé EXACTEMENT les mêmes arguments en 1977 dans un message à L’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir :
« Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme que parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, s’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés… ».
Delphine Wespiser et Marguerite Yourcenar, même combat !
Photo DR
Marguerite Yourcenar a été membre des JNE
(Journalistes/écrivains pour la nature et l'écologie, voir le lien)
Photo DR
Marguerite Yourcenar a été membre des JNE
(Journalistes/écrivains pour la nature et l'écologie, voir le lien)
mardi 13 décembre 2011
L'utilité du renard enfin reconnue !
En éliminant les rongeurs, il protège nos cultures
gratuitement, et sans polluer...
gratuitement, et sans polluer...
l'ASPAS diffuse une nouvelle brochure sur le renard, à se procurer d'urgence !
(voir site ci-contre)
(voir site ci-contre)
Après une hécatombe de rapaces due à la bromadiolone dans la chaîne des Puys, le préfet a déclassé les renards et les mustélidés du rang de "nuisibles". Dangereux anticoagulant, la bromadiolone tue les rongeurs, mais aussi les prédateurs qui s'en nourrissent. Voir l'article :
La LPO regrette cependant qu'il ait fallu attendre si longtemps pour prendre cette décision :
Milan royal, photo René Roger LPOsamedi 10 décembre 2011
Durban : ça va chauffer !
Notre maison brûle,
et nous regardons la télé...
Impossible de ne pas mettre un mot sur l'échec attendu de la réunion de Durban, tant les enjeux planétaires sont importants. En gros, il est urgent d'attendre : la non décision a été prise de se revoir pour une prochaine réunion de la non décision, comme d'habitude... La place ridicule accordée par les médias et les (ir)responsables politiques à cet événement essentiel montre l'insouciance suicidaire de notre société face aux bouleversements climatiques à venir. Heureusement, quelques collègues journalistes plus conscients de la gravité des enjeux, tels (parmi ceux que je connais) Nathalie Fontrel (France Info), Denis Cheissoux (France Inter), Virginie Garin (RTL), Laure Noualhat, Laurent samuel ou Fabrice Nicolino dans leur blog, en parlent, et mieux que moi. Tiens, tous sont des JNE (voir ci-contre). Voici des liens :
lundi 5 décembre 2011
Bizarreries champignonesques
Les champignons ne sont pas des plantes, puisqu'ils ne contiennent pas de chlorophylle. Ce ne sont pas non plus des animaux, bien qu'ils fabriquent du collagène, une protéine utile aux muscles, à la peau et aux os. Ce sont des êtres à part : certains capturent des vers au lasso ! Ces vers nématodes vivant sous le sol sont minuscules, certes, et attrapés par des petits tentacules qui réagissent à leur passage, mais quand même...
Les ronds de sorcières
Brrrr, elles sont passées par là...
Comment se forment les ronds de sorcières ? Quand une spore tombe sur un endroit favorable, elle germe et il en sort un mycélium, qui va se développer dans toutes les directions. Des filaments souterrains de mycélium partent en étoile à partir de ce point de départ. Quand les chapeaux de certaines espèces émergent, ils sont tous plus ou moins à égale distance de ce point central, et, tels des ronds dans l’eau, ils forment chaque année autour de lui un cercle un peu plus large. Il en résulte cette forme géométrique à l’allure artificielle, le rond, autrefois attribuée aux interventions magiques des sorcières. Dans les plaines américaines, on a trouvé des ronds de sorcières de 200 à 500 mètres de rayon, soit un kilomètre de diamètre ! Certains de ces monuments naturels seraient vieux de 6 à 8 siècles.
Pour les abeilles
Une pétition contre le lobby des OGM
Parce que les OGM n'ont pas d'autre utilité pour l'agriculture que les profits,
parce que le fonctionnement naturel de la planète disparaît petit à petit.
Je rappelle que "OGM" signifie, à la base, "Organisme génétiquement manipulé"
et non modifié...
Je rappelle que "OGM" signifie, à la base, "Organisme génétiquement manipulé"
et non modifié...
lundi 28 novembre 2011
Le rouge-gorge et le jardinier
En ratissant quelques feuilles mortes (que je ne brûle pas !), j'ai vu un rouge-gorge profiter de l'occasion au bout d'une minute seulement. D'où le texte qui suit, extrait de mon "Kama-sutra des demoiselles" (Robert Laffont 2005)...
Opportuniste, le rouge-gorge ! Et pas farouche...
Les oiseaux savent profiter des déplacements des gros mammifères : les garde-bœufs happent les grenouilles et les insectes déplacés par les buffles et les éléphants loin d’ici, ou les vaches de nos prés. En Europe, les rouges-gorges se rapprochent des sangliers qui fouissent le sol : il y a toujours à glaner pendant les travaux de terrassement, notamment les lombrics qui se font prier pour se montrer au grand jour. On a même vu des oiseaux près de taupinières, en train de surveiller attentivement des taupes en action. Comme la faune sauvage disparaît de nos régions industrialisées, le dernier gros mammifère à remuer la terre reste le jardinier. Le rouge-gorge s’y est parfaitement adapté. Lorsque je jardine, j’observe régulièrement l’un d’eux. Il me suit de près, très motivé par les petits repas sautillants que je dévoile, avec une distance de fuite bien moins grande qu’à son habitude. Ça me donne un peu l’impression de travailler pour lui…
Les apparences sont trompeuses : si vous avez en permanence un rouge-gorge chez vous, il ne s’agit forcément pas du même individu suivant les saisons ! En effet, ces oiseaux sont ce que l’on appelle des migrateurs partiels. Tous les rouges-gorges des pays nordiques sont migrateurs (ceux du sud de la Suède parcourent entre 1600 et 1900 km, d’autres jusqu’à plus de 3000 km). En Europe tempérée, les rouges-gorges ne se déplacent guère plus que sur quelques centaines de kilomètres. Ils se mêlent à des oiseaux sédentaires ou à de petits migrateurs. Des rouges-gorges de nos régions migrent vers le sud jusqu’en Afrique du Nord. Donc, en hiver, c’est peut-être un oiseau finlandais qui volète dans votre jardin, alors que « votre » rouge-gorge de l’été se promène en Algérie ! Avec les grands froids, les rouges-gorges se rapprochent de l’homme, et entrent quelquefois dans les habitations. Plusieurs hivers consécutifs, l’un d’eux a séjourné à l’intérieur même de l’épicerie de mon village, chauffé, nourri, et admiré...
dimanche 27 novembre 2011
François Terrasson, chercheur hors normes
Maître de Conférences au Muséum national d’histoire naturelle, auteur de pièces de théâtre, de sketches irrésistibles en patois berrichon (et en alexandrins !), baroudeur, bon vivant, érudit, drôle, déroutant et brillantissime, François Terrasson était un personnage référent pour tous ceux qui l'avaient rencontré.
François est mort en 2006. Il nous reste sa pensée originale, son éclairage - si nécessaire aujourd’hui - sur les raisons profondes, inconscientes, qui poussent notre civilisation à détruire la nature.
François et ses ruches, lors de ses fameuses "beuveries apicoles", au cours desquelles il invitait ses amis dans son Berry natal (photo DR)
une vidéo terrassonienne
http://www.terre.tv/fr/13_societe/59_ecocitoyennete/45_3-pour-changer-le-monde-francois-terrasson
http://www.terre.tv/fr/13_societe/59_ecocitoyennete/45_3-pour-changer-le-monde-francois-terrasson
Libérez le sauvage !
« Laissez la nature à un protecteur de la nature, et celle-ci est foutue ». C’est avec ce genre de formule que François Terrasson a déstabilisé certains écologistes, qui ne l’ont pas tous bien compris. François n’était pas contre la nature, il était contre ceux qui la dénaturent. Tous. Y compris ceux qui se croient obligés d’aménager des nichoirs artificiels à des oiseaux libres sachant parfaitement construire leur nid tout seuls.
Évidemment, on peut rétorquer qu’il vaut mieux aménager que de détruire. Mais l’aménagement est une vision à court terme, qui a une fâcheuse tendance à se contenter de peu. Terrasson voyait plus loin, plus large, plus grand. Il nous rappelait la puissance émotionnelle de la nature, ce sentiment presque magique qu’elle suscite en nous et que nous avons aujourd’hui quasiment oublié. Avec une lucidité à la fois terrible et amusée, il avait décrypté dans nos inconscients la peur du naturel, c’est-à-dire du non maîtrisé par l’humain. Il voyait dans ces habitudes des protecteurs de tout mettre en réserve, aménager, baliser, flécher, sécuriser, le même fonctionnement que ceux qui détruisent sans état d’âme. Elle s’immisce dans toutes les têtes, notre civilisation anti-nature !
Chaque jour, la télévision nous distille sans même s’en rendre compte des aberrations que quasiment plus personne ne songe à remettre en cause. « Dangerosité » inquiétante de la montagne, de la neige en hiver (si, si !), du soleil, de la plage, des vagues, des petites bêtes qui piquent, du grand méchant loup, des arbres qui ont le culot de tomber, et autres scandaleuses menaces dont notre civilisation entend nous préserver jusqu’à l’infantilisation. Bref, tout ce qui ne vient pas de l’homme est l’ennemi désigné, et l’on occulte au passage les véritables dangers dus aux chimies diverses dont nos corps sont pollués. Pour l’humain téléspectateur d’aujourd’hui, la nature n’est plus qu’un centre de loisirs sévèrement encadré, où l’on n’ose pénétrer qu’accompagné de professionnels certifiés.
La voix originale de François Terrasson tranche net sur cette pensée unique omniprésente. Les rapports que l’homme entretient avec la nature furent un point clé de ses réflexions. Il est un des rares chercheurs - pour ne pas dire le seul - à avoir analysé les mécanismes secrets de nos sociétés, les causes de ses dérèglements et les sources profondes de nos maux sous l’angle de l’anti-nature. Avec « l’anthropologie de l’espace » imaginée par son ami psychiatre Claude Leroy, François Terrasson révélait les effets de nos lieux de vie sur nos inconscients. Inutile de préciser que l’univers gris et rectiligne des villes et des banlieues, qui donne un sentiment de non-existence, peut inciter à la déprime, à la violence ou à la révolte. En tuant la nature extérieure, on tue notre nature intérieure et notre émotivité.
Terrasson a rouvert la porte du sauvage, du spontané et de l’imaginaire, libérant au passage nos émotions enfouies. Il organisait de fameux stages au cours desquels il proposait à ses victimes (consentantes) de passer une nuit seules en pleine nature, sans lumière, juste pour se tester, pour se confronter enfin aux forces originelles. Des expériences étrangement proches des rites initiatiques pratiqués dans des civilisations plus en harmonie avec la nature que la nôtre.
François Terrasson a passé sa vie à réhabiliter ses complices la vase, les ronces et les friches ; la nature sensible, magique et puissante ; mais aussi l’organique et l’émotionnel dont nous sommes pétris, sans jamais opposer l’homme et la nature. Au moment de sa disparition en janvier 2006, il avait l’intention de mettre en place un « Centre stratégique d’influence naturaliste », qui nous manque cruellement aujourd’hui. Par ses conférences, ses actions, ses écrits, François a eu le temps de semer de belles graines bien sauvages de révolution dans quelques esprits. Souhaitons qu’elles trouvent d’autres terres assez fertiles pour germer bientôt.
Les trois ouvrages de François Terrasson ont été réédités aux éditions Sang de la Terre (La Peur de la Nature, La Civilisation anti-Nature, Pour en finir avec la Nature). Celui-ci est un recueil d'inédits, que je vous recommande tout aussi chaudement.
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