vendredi 22 février 2013

Invasion de crapauds sur France Inter et Radio Intensité

C'est reparti ! Aux premiers redoux, les amphibiens, crapauds communs en tête, vont migrer et se faire écraser sur les routes. Les bénévoles s'organisent pour les aider. Allain Bougrain Dubourg m'interviewe dimanche à ce sujet dans "Vivre avec les bêtes" sur France Inter, entre 15 et 16 heures. Même chose en Eure-et-Loir avec Radio Intensité, pour alerter les habitants et pour trouver des volontaires. Une opération locale réalisée avec Eure-et-Loir Nature, le club CPN Les clouks, et l'ASPAS, qui propose des panneaux, et qui diffuse gratuitement un ensemble de conseils à télécharger.

mardi 19 février 2013

Chimpanzés : plus belle la vie ?


Pour qui a été impressionné, comme moi, par la force du film « Félins », cette dernière production est plutôt décevante. Bien sûr, c’est un bon spectacle familial, labellisé Disney Nature donc contenant tous les ingrédients du genre. Mais c’est un peu court, et ça passe à côté d’une réalité pourtant extrêmement riche et inspirante. Résumé : un enfant chimpanzé, Oscar, perd sa mère au cours d’une bataille contre une bande rivale, mais il survit à la famine et au rejet social en se faisant adopter par le chef de sa tribu. Tout est dit. Certes, cette adoption est émouvante pour les spectateurs (et surprenante pour les primatologues, qui n’avaient pas encore observé un tel comportement de la part d’un mâle étranger à l’orphelin). Mais l’envoûtante forêt tropicale, primordiale et magique, si puissamment évocatrice, n’est ici qu’un beau décor comme un autre : l’histoire pourrait se passer n’importe où, avec n’importe quelle espèce animale. C’est un peu « Plus belle la vie » version forêt africaine, avec d’autres primates…
 Heureusement, nous découvrons un peu de la vie quotidienne de ces chimpanzés, qui passent beaucoup de temps à casser des noix avec des pierres ou à s’épouiller. Nous pénétrons également, un peu, dans leurs relations familiales. Mais quasiment rien ne nous est raconté sur ce formidable spectacle que nous avons pourtant devant les yeux, si étrangement évocateur de ce qu’ont dû vivre nos ancêtres. L’intelligence incroyable des regards, les expressions si pénétrantes des chimpanzés ne sont pas, elles non plus, réellement mises en valeur par la bande son. La musique aux accents New Orleans, très dessin animé, nous maintient dans un spectacle de divertissement. La voix off se situe souvent sur le registre de l’humour et fait – parfois – rire, ce qui nous change agréablement des commentaires lyrico-emphatiques habituels. Mais ça manque d’intérêt. Ce dynamisme de forme n’aurait pas empêché un peu plus de profondeur à d’autres moments. Sans aller jusqu’à transformer le film en documentaire classique, un peu plus d’explications auraient pu nous enrichir de quelques connaissances précieuses, que l’on soit adulte ou enfant. Bref, malgré les incontestables qualités du film (de belles images, des personnages cinégéniques, et des moments drôles ou dramatiques), quand arrive le mot « fin », on reste sur sa faim.
La projection de presse à laquelle j'ai assisté avec des collègues nous a permis de rencontrer à nouveau le célèbre réalisateur animalier Alastar Fothergill, ainsi que le co-réalisateur Mark Linfield et le conseiller scientifique du film, le primatologue Christophe Boesch. Tous passionnants. Outre les coulisses du tournage et du montage de l’histoire (le premier auteur, en fait, c’est la nature…), enfin nous en apprenions un peu sur cette grande forêt Taï en Côte-d’Ivoire, sur les différences de culture entre les singes de ce film et ceux des autres forêts africaines, ou sur la situation écologique de la région. Christophe Boesch s’investit concrètement dans la protection avec la Wild Chimpanzee Fondation. Les chimpanzés étaient un million voici un siècle, on en compterait moins de 100 000 aujourd’hui. Puisse ce film sensibiliser l’opinion assez fort pour que des actions suivent…
Le moment le plus révélateur a été, pour moi en tout cas, la présentation à l’écran des portraits de tous les membres de la tribu d’Oscar, dont la plupart ne jouent pas de rôle dans l’histoire. Ces primates ont une telle personnalité qu’on les identifie tous du premier coup d’œil. Tous ont une individualité étonnante. De plus, les parentés étant indiquées, on distinguait clairement les airs de famille entre les mères et leurs petits ! Vraiment troublants, ces cousins d’Afrique…
Un film d’Alastar Fothergill et Mark Linfield. Durée 1h18

malbouffe



Tout le monde parle de la viande de cheval clandestine, certes, mais personne n'a l'air de se soucier des conditions d'élevage brutales de beaucoup de ces chevaux. On s'inquiète bien égoïstement des conséquences de la présence d'anti-douleurs sur notre petite santé, mais pas des raisons de leur utilisation... J'ai même vu passer un article douteux : "Dans le cheval tout est bon" (rue89), qui oublie que le cheval est aujourd'hui un animal de compagnie. Or, même dans les pays pauvres, on ne mange pas ses animaux de compagnie, comme je l'ai constaté un peu partout dans le monde. Là-dessus les Anglais ont quelques longueurs d'avance sur nous. En France, nous avons une fâcheuse tendance à penser avec l'estomac. Mais nous avons eu Descartes, et les Anglais ont eu Darwin... 

Voir l'édito de Jacques Juillard dans Marianne du 23 février au 1er mars :

mardi 5 février 2013

Une traduction chinoise

Titre original, aux éditions Milan :
"Abris, appâts, nichoirs... 50 astuces pour attirer les animaux". Eh oui.

vendredi 18 janvier 2013

inexploré numéro 17

Le magazine de l'INREES (Institut de recherche sur les expériences extraordinaires) de Stéphane Allix, se penche sur la nature, les plantes, les animaux, et leurs capacités étranges. Avec des personnages forts comme Temple Grandin, cette étonnante autiste aujourd'hui spécialisée dans la protection animale, ou la déroutante Laila del Monte, qui communique avec les chevaux et les autres animaux. Nous aurions tous ce talent sans le savoir, et la journaliste qui a suivi un stage de communication avec Laila del Monte en est revenue bouleversée. Ayant été interviewé dans la série de M6 "Enquêtes extraordinaires", du même Stéphane Allix, je peux juste témoigner que l'équipe de tournage était impressionnée par ce que cette femme avait révélé sur les chevaux qu'on lui présentait, et qu'il n'y avait évidemment aucun trucage. Je peux aussi confirmer ce que j'ai dit dans ce magazine (bien que l'article semble l'avoir lié aux vols d'étourneaux, il s'agissait d'une généralité) : les scientifiques dans leur globalité (pas tous évidemment !) ont tendance à négliger tout le pan des comportements inexpliqués des animaux, pour lesquels beaucoup de propriétaires de chiens ou de chats montrent plus d'intuition et de pertinence. Face à l'inconnu, deux préjugés me paraissent à proscrire : croire à tout, juste parce que ça va dans le sens de nos convictions, ou au contraire tout rejeter parce que nous n'avons pas (encore) d'explication rationnelle. Il est difficile de se faire une idée définitive sur ces phénomènes, mais l'irrationnel serait plutôt de ne pas les étudier, quels qu'ils soient.
Ne manquez pas non plus les articles sur l'univers des végétaux, et bien sûr tout le reste du magazine !

dimanche 13 janvier 2013

Darwin en Turquie

Des arguments contre les intégristes religieux...
Parmi les traductions qui ont été faites de mes livres, celle-ci me touche particulièrement, car elle concerne la Turquie, un pays où l'évolution n'est pas enseignée, et où Darwin n'a toujours pas de place reconnue. C'est de la Turquie qu'ont été envoyés en 2007 des milliers d'exemplaires d'un luxueux "Atlas de la création" dans les écoles et les universités d'Europe. Un monument de mauvaise foi (ha ha !) créationniste, anti-darwiniste et anti-scientifique, dont l'auteur a été condamné à trois ans de prison ferme à Istanbul pour "création d'une organisation illégale" et enrichissement personnel". Rappelons juste que si la religion et la philosophie se préoccupent du "pourquoi" des choses, la science ne s'attache qu'au "comment". Il n'y a donc pas de contradiction entre les deux. Et saluons le courage de l'éditeur turc, Alfa Bilim !
L'ouvrage en VO...

jeudi 10 janvier 2013

Premiers signes du printemps

La perce-neige porte bien son nom
Neige ou pas, refroidissement ou non, le printemps se fait connaître doucement, touche par touche. Cela commence avec des chants de printemps timides et quelques fleurs précoces. Des ajoncs ont déjà fleuri, des pâquerettes se montrent. Pour les perce-neige et les nivéoles, leurs cousines, c'est la saison normale de floraison. Les jours rallongent, la lumière influence le métabolisme des plantes et des animaux, inexorablement. Quelles que soient les apparences, c'est pour bientôt!

samedi 29 décembre 2012

Le renard des villes sur Europe 1

Mercredi 2 janvier entre 11h30 et 12h30


Patrick Roger propose un débat sur la faune des villes au cours de son émission "Europe 1 midi" mercredi prochain. J'y représenterai l'ASPAS et le point de vue des naturalistes. Y participent un représentant des chasseurs, le spécialiste des grands prédateurs Farid Benhammou et le  fameux vétérinaire et épidémiologiste François Moutou.

mardi 18 décembre 2012

"La France sauvage" dans le coffret "France, l'intégrale"

Patrimoines naturel et culturel se rencontrent dans ce coffret spécial fêtes, une production Arte/Gédéon. 10 DVD "Douces France(s)" et les 10 épisodes de la série "La France sauvage", avec en bonus plus de 40 minutes sur le making of de La France sauvage. Prix conseillé par la production : 49,90 €. Les dix épisodes sauvages : La Bretagne, Les Alpes, La Provence, La Loire, Le littoral nord, La Brenne, La Bourgogne, Les Vosges, l'Île-de-France et la Corse. Pour le contenu, voir plus loin dans ce blog, ou dans celui de Danièle Boone :

lundi 10 décembre 2012

La vie intime des fruits de mer

A écouter sur le lien France Inter
Crabe vert
A l'occasion des fêtes de fin d'année, Allain Bougrain Dubourg m'interviewe sur le plateau de fruits de mer dans "Vivre avec les bêtes" dimanche 16 décembre de 15 à 16 heures. Nous avons tendance à oublier que ce sont des animaux, et des animaux fantastiques, que nous avons devant les yeux... Au menu : la vie sexuelle des huîtres, le strip-tease du homard, le crustacé qui se tape l'incruste et autres histoires qui ne manquent pas de sel. Avec des réflexions sur la souffrance animale, qu'il ne faudrait pas oublier, et quelques conseils. Pour des fêtes joyeuses !
Premier prix Nausicaa 2010 !

vendredi 30 novembre 2012

Les oiseaux annoncent l'hiver

Vol de vanneaux huppés
Des vols bruyants d'oies et de grues claironnent l'arrivée du froid. Ces oiseaux ne fuient pas les basses températures, mais le manque de nourriture. Les vanneaux se posent souvent en troupes nombreuses dans les plaines. Du côté des mammifères, les animaux ont acquis leur nouveau poil d'hiver. Ils nous le montrent tous : l'automne touche à sa fin.

vendredi 23 novembre 2012

La France sauvage sur Europe 1

Benjamin Petrover m'invite à parler de la nature en France et des animaux extraordinaires qui nous entourent, demain matin, samedi 24 à partir de 6 heures. Au programme, requins géants, phoques d'eau douce, marmottes et  arrivées de canards...

vendredi 16 novembre 2012

Nature en France, numéro de novembre/janvier

Le numéro 5 vient de paraître
Ce nouveau magazine 100 % nature, qui propose des balades à travers nos terroirs sous un angle naturaliste, m'a fait l'honneur de me passer à la questionnette, et d'ouvrir par là la tribune aux animaux. Ce numéro 5 nous emmène également dans les Deux-Sèvres, en Normandie, dans le Centre ou dans le Mercantour. Vous savez, là par où nos loups sont revenus...
http://www.nature-en-france.com/

Voici le texte de l'interview :


Naturaliste de terrain, homme de télé et de radio, écrivain spécialisé en zoologie, Marc Giraud répond aux questions de Nature en France.


NEF : Marc Giraud, vous êtes vice-président de l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) et dans ASPAS, il y a le mot « animaux ». Aujourd’hui, on parle beaucoup d’environnement, de biodiversité, encore un peu de nature mais de plus en plus rarement d’animaux. Est-ce devenu ringard de s’intéresser aux animaux ?

Pas pour tout le monde, heureusement ! Il est vrai que pour certains, seul l’être humain semble digne d’intérêt. Ils ne se penchent sur les animaux que s’ils leur « servent » à quelque chose, ce ne sont pour eux que des objets d’exploitation, au mieux des sujets d’amusement dérisoires. C’est de courte vue, passéiste, ça a des relents de créationnisme. C’est ça qui est ringard. Mais globalement, les animaux continuent d’attirer spontanément le grand public. Les amateurs de nature et ceux qui ont des compagnons à quatre pattes ne se posent pas toutes ces questions. De plus, un courant moderne d’éthologistes (les spécialistes du comportement), de philosophes, voire de juristes, s’intéresse aux animaux pour ce qu’ils sont réellement. Ces chercheurs essaient de comprendre l’univers dans lequel vivent nos frères de planète, et ça ouvre des portes gigantesques.
Quant au terme un peu technocratique de « biodiversité », il fait sérieux dans les grands discours. Mais nous sommes en train d’oublier la notion fondamentale de « nature », alors qu’elle est tellement plus essentielle, émotionnelle, vitale. Un journal qui s’appellerait « Biodiversité en France », ça parlerait moins…

NEF : Est-il vraiment nécessaire de protéger les animaux sauvages ?

Tout ce qui est vivant mérite le respect, chaque espèce a sa place, on ne devrait même pas avoir besoin d’argumenter là-dessus. L’ASPAS se bat entre autres pour les animaux décrétés « nuisibles », une notion qui n’a aucune justification scientifique. Par exemple, de plus en plus d’agriculteurs demandent la protection des renards parce qu’ils sont de grands prédateurs de campagnols. Mais nous avons en face de nous des lobbies puissants et bornés. Aujourd’hui en France, la nature n’est plus réellement protégée sur le terrain. Qui sait que l’on chasse encore des espèces vulnérables, et jusque dans les espaces théoriquement protégés, comme le tétras lyre dans plusieurs Réserves naturelles (le Vercors, les Chartreuses…) ? Qui sait que l’on a le droit de piéger à la glu, un procédé aussi barbare que non sélectif, dans le Parc national des Calanques ? Que le Parc des Cévennes est devenu une chasse privée réclamant l’exclusion du loup ? à l’ASPAS, nous avons donc décidé d’acheter nous-mêmes des zones de nature que nous laissons en libre évolution, enfin à l’abri de toute exploitation. C’est une mission de service publique pour les générations futures. Et nous demandons la création d’un véritable ministère de l’écologie…

NEF : Il semble que le thème des animaux sauvages soit moins d’actualité qu’il y a quelques décennies. À la télévision, il n’y a pratiquement plus d’émissions thématiques sur les animaux. Des documentaires spécifiques parfois, mais rien ne semble avoir vraiment remplacé « La vie des animaux » des années 1960 ou « Les animaux du monde » et autres « Animalia » des années 1970 et 80. Vous avez-vous même une expérience dans ce domaine des animaux à la télévision. Quel est votre regard sur le sujet ?

Le problème, c’est que les décideurs des médias dominants sont essentiellement des urbains, voire des mondains, obnubilés par la politique et les enjeux financiers. La règle d’or des journalistes autrefois, c’était de répondre aux cinq W (Who, What, When, Where, Why). Aujourd’hui c’est le règne des trois P : Pouvoir, Pognon, Pipoles… Ils sont à l’image du monde artificiel dans lequel ils se complaisent, mais pas à l’image du monde réel. Je généralise grossièrement, bien sûr, mais c’est un peu ça ! Or, le grand public reste très demandeur d’informations sur le monde vivant, sur le fonctionnement de la planète mais aussi sur la nature de proximité, sur les animaux qu’ils peuvent rencontrer eux-mêmes. Je l’ai toujours vérifié, que ce soit sur la chaîne Animaux ou sur TF1 (où j’ai parlé d’animaux aux côtés de Christophe Dechavanne à « Coucou c’est nous », avec toujours une démarche éthique).
Il existe quelques exceptions lumineuses, comme « Vivre avec les bêtes » sur France Inter, une émission animée par Elizabeth de Fontenay et Allain Bougrain Dubourg. Allain, c’est notre chef de file médiatique, et je suivais ses reportages avec passion. Il a payé cher ses positions de protecteur, notamment contre le braconnage des tourterelles, car il s’est fait supprimer ses émissions télé. J’ai beaucoup d’estime pour son courage. J’ai le bonheur de participer régulièrement à « Vivre avec les bêtes », j’ai aussi celui d’avoir été l’auteur d’une grande série télé sur notre patrimoine naturel : « La France sauvage » (voir encadré). Les chaînes françaises produisent peu, mais elles achètent à l’étranger, et il reste quelques bons programmes ponctuels pour ceux qui cherchent un peu.

NEF : Vous avez longtemps dirigé « Hibou », une revue pour enfants consacrée aux animaux. Pensez-vous que les jeunes d’aujourd’hui montrent moins d’intérêt pour les animaux ?

Oh non, les enfants sont toujours les mêmes ! Les bébés sont fascinés par les autres êtres vivants. Dès leurs premiers babillages, ils poussent des « wouah wouah ! » et d’autres cris d’animaux. Nos instincts préhistoriques ne sont pas éteints. Mais les enfants sont détournés de leurs pulsions fondamentales par notre culture fanatique de technologie. Les jeux vidéo, ça bouge, c’est coloré, ça fait plein de bruits. Incapable de résister à cet excès de super stimuli, le cerveau humain est hypnotisé par l’écran, il s’habitue à recevoir les choses passivement. La concentration, la patience, la curiosité ou l’expérimentation par les sens se développent mal chez les enfants d’aujourd’hui, et le contact avec la nature est rompu… Contre cela, les rapports avec un animal domestique ou des balades dans la campagne restent des sources irremplaçables d’éveil sensoriel.
Les enfants m’ont beaucoup appris. Parler avec eux, par l’intermédiaire d’un journal ou au cours d’une sortie nature, est une grande leçon de communication : ils vous obligent à être clair, à oublier le jargon et les préoccupations des spécialistes. C’est très important de respecter son auditoire.

NEF : « Le Kama-sutra des demoiselles », ou « Calme plat chez les soles », livres dans lesquels vous faites découvrir des anecdotes amusantes et étonnantes de la vie des animaux, ou encore vos émissions, connaissent un beau succès. Cette nouvelle approche, moins encyclopédique, semble être un bon moyen de ré-intéresser les gens aux animaux. En tant que vulgarisateur, que pensez-vous apporter d’original au public ?

Vulgarisateur, ça me va ! Mon but est de montrer à un maximum de personnes que les animaux sont passionnants. Une de mes armes favorites de sensibilisation massive est l’humour : tout le monde aime rire, même ceux qui n’ont pas une grande attirance pour les bêtes. Et l’humour est le meilleur support pour captiver l’intérêt.
D’autre part, je parle de tous les animaux : les gros, les minuscules, les familiers, les exotiques, les sauvages ou les domestiques, mais aussi des comportements, de l’évolution, des plantes, des interactions entre espèces, etc. Avec cette curiosité la plus large possible, j’essaie de concerner tous les publics : aussi bien ceux qui ne connaissent pas du tout la nature que les spécialistes, qui seront peut-être surpris par des anecdotes touchant d’autres domaines que les leurs.
Enfin, j’évite les chiffres qui ne parlent pas et les poncifs, la recopie de ce qu’on voit déjà partout. C’est donc énormément de recherches pour dénicher les infos les plus inattendues et originales, puis une traduction en langage accessible. Je fais un peu un boulot de traducteur…

NEF : Pour rester dans le vocabulaire, les termes actuels de développement durable, de protection de la biodiversité, de responsabilité environnementale, n’ont-ils pas tendance à éclipser les notions plus simples de défense de la nature ou des animaux ? Ainsi, on ne dit plus « protéger les poissons » mais « préserver les ressources halieutiques », un peu comme si l’on souhaitait éviter de suggérer la notion même d’animal…

C’est tout à fait ça ! Nous agissons comme si nous avions honte de nos origines naturelles et de l’animalité qui est toujours la nôtre. Nous vivons dans une civilisation anti-nature qui a été brillamment étudiée par le regretté François Terrasson, chercheur au Muséum[1]. Il a trouvé l’explication dans nos inconscients : nous avons horreur de ce que nous ne maîtrisons pas, nous avons peur de la nature. Nous voulons tout « désensauvager », y compris notre vocabulaire. Même le fait de poser des nichoirs soulève question : les oiseaux libres auraient-ils oublié comment construire leur nid ? La nature a-t-elle besoin de pancartes et de sentiers balisés ? Serions-nous devenus incapables de supporter un endroit sauvage sans signe de présence humaine ? Défendre la nature, c’est sans doute d’abord la laisser tranquille. Elle se débrouille très bien toute seule depuis des millions d’années, et la « gestion » de l’homme me semble plus le problème que la solution.

NEF : Et les animaux domestiques ?

Ah, très bonne question ! Je suis désolé que tant de nos collègues naturalistes ne jettent pas un regard sur les vaches ou les moutons dans les prés, comme si ces bêtes avaient moins de dignité ou d’intérêt que les espèces sauvages. Or, il faudrait apprendre à les regarder avec des yeux de naturaliste, justement. Nous avons la chance de pouvoir observer des grands mammifères qui n’ont pas peur de nous, et qui nous montrent leur comportement naturel. J’ai trois chevaux, et je passe des heures à les regarder brouter, à décoder leur langage gestuel, leurs individualités, les rapports qu’ils entretiennent entre eux et avec les autres… De même, observer un chien ou un chat nous en apprend beaucoup sur leurs cousins sauvages, et sans doute sur nous-mêmes. C’est aussi passionnant que le manège des abeilles solitaires ou la parade nuptiale des busards cendrés. Tout est passionnant.

NEF : Vous êtes l’auteur d’un livre et d’une série de dix documentaires télé intitulés « La France sauvage ». Pouvez-vous nous en parler ?

Oui, j’ai eu la chance d’être appelé pour écrire les scénarios et les commentaires de cette série pour Arte. Travail énorme ! J’ai cherché à montrer à quel point la France est belle et diverse, comme si tous les climats du monde se donnaient rendez-vous chez nous : eaux turquoises « tropicales » de la Méditerranée, forêts boréales des montagnes, espèces africaines de la garrigue… sans oublier les milieux de proximité qui me sont chers : le bocage de nos terroirs et la nature en ville. J’ai voulu maintenir un équilibre entre les espèces prestigieuses et incontournables (le cerf, l’aigle, le phoque…) et des bestioles moins télégéniques, mais si importantes (le ver de terre, le bourdon, la mouche…). Comme d’habitude, j’ai collecté les anecdotes les plus étonnantes pour stimuler l’intérêt du public, mais pas gratuitement. Elles se tissent les unes aux autres pour faire comprendre le fonctionnement global de chaque écosystème : la course verticale vers la lumière pour la forêt, la résistance aux marées et au retrait des eaux pour les espèces des rochers bretons, ou l’adaptation aux pulsations des crues du fleuve libre pour la Loire. 
Quasiment tous les cinéastes animaliers de France ont été mobilisés sur dix milieux naturels. L’aventure a duré trois ans. Sophie Marceau nous a prêté sa voix et son talent. Les images sont magnifiques, et nous avons reçu des prix jusqu’aux états-Unis. L’auteur que je suis est particulièrement fier qu’un épisode ait été nommé pour les meilleurs commentaires au festival de Namur, et que le documentaire sur la forêt vosgienne ait décroché en 2011 le prix du meilleur film pédagogique à Ménigoute. Et Ménigoute, c’est ma famille…



[1] Ses trois ouvrages, « La peur de la nature », La civilisation anti-nature » et « Pour en finir avec la nature », ainsi qu’un recueil de ses inédits, « Un combat pour la nature », sont tous publiés aux éditions Sang de la Terre.

mardi 6 novembre 2012

Découverte d'une baleine rarissime !


Copyright New Zealand government
Certaines créatures marines nous sont quasiment inconnues. Ainsi, la baleine à bec de Longman (Indopacetus pacificus), dont on ne connaît au monde que deux crânes, l’un découvert au Queensland en 1822, et l’autre en Somalie en 1955. Jusqu’à aujourd’hui, c’était aussi le cas de la baleine à bec de Travers (Mesoplodon traversii), dont le bec est parfaitement symétrique, mais dont le premier os connu a été découvert par Henry Hammersley Travers. En tout, on n’a trouvé de cette mystérieuse baleine que trois crânes en 140 ans !
Or, après des analyses génétiques dont les résultats viennent d'être publiés, il s’avère que deux cétacés (une mère et son petit) échoués sur une plage néo-zélandaise en 2010, tout d’abord pris pour des animaux plus courants, appartenaient bien à cette espèce rarissime : c’est donc la première fois qu’elles ont été vues et identifiées ! La baleine à bec de Travers mesure cinq mètres de long, et a pourtant quelques chances de ne pas passer inaperçue. Cela confirme à la fois que cette espèce n'a pas disparu, que nous ne savons que bien peu de choses de la vie au fond des océans, et qu'il nous en reste encore beaucoup à découvrir…

mercredi 17 octobre 2012

L'époque des baies

Baies d'aubépine monogyne
Pour les oiseaux migrateurs, les haies et leurs baies sont d'indispensables restoroutes. Parmi ces plantes, l'aubépine, dont les baies rouges attirent les oiseaux. Elles ont également nourri les hommes dès la préhistoire. Ses fleurs font des tisanes pour trouver le sommeil. L’aubépine monogyne est notre aubépine la plus courante. Elle se reconnaît entre autres à ses feuilles très découpées. Ses fruits n’ont qu’un noyau. L’aubépine, disait-on jadis, poussait ses racines jusqu’en enfer et n’était jamais atteinte par la foudre. 

mercredi 3 octobre 2012

La Vanoise en danger

Bouquetin à la Vanoise. Bientôt remplacé par des skieurs et des pistes ?

Le parc de la Vanoise a été créé en 1963 pour préserver le bouquetin des Alpes en France. En 1969, il a été l’enjeu d’une mémorable bataille, et le symbole d’une des plus belles victoires des écologistes : l’abandon d’une station de ski. Mais nos succès sont fragiles, et les bétonneurs infatigables.
Le philosophe et naturaliste Yves Paccalet, montagnard et combattant de la première heure, lance aujourd’hui un appel parce que la Vanoise est à nouveau menacée par la cupidité. Voici un extrait de son blog :
Ces « responsables » si peu responsables rêvent de « développement économique », mais confondent « bétonnage » et « progrès », « projets immobiliers » et « tourisme durable ». Ils représentent les habitants de la montagne, mais ils n’aiment pas la montagne. Certains d’entre eux (les maires de Val d’Isère et de Bonneval-sur-Arc, par exemple) réclament encore et toujours qu’on ampute une partie du cœur du parc pour y construire des remontées mécaniques.
Amis (vrais amis !) du parc de la Vanoise, anciens ou nouveaux écolos, randonneurs, alpinistes, naturalistes, paysans, défenseurs du patrimoine, bergers des alpages, amoureux de la splendeur des hautes terres et de l’intégrité d’un territoire béni par la géologie et l’évolution, nous devons une fois encore nous mobiliser ! (…).
Nous sommes nombreux à penser que la Vanoise appartient à ceux qui y vivent, comme moi-même ; mais pas uniquement ! Elle fait partie du patrimoine commun des Alpins, des Français, des Européens, des citoyens du monde, notamment de ceux qui sont encore à naître.
Nous exigeons que la Vanoise reste à jamais un symbole de la grandeur de l’Alpe, de la générosité de la vie, de la variété des  espèces, de la musique du vent, de la poésie des cimes.
Sur son blog, vous êtes invités à signer son appel pour la Vanoise:
www.yves-paccalet.fr

mercredi 26 septembre 2012

Fête du cheval sur France Inter

Dimanche 30 à 15h30
Cheyenne
Suite à la Fête du cheval la semaine dernière, un petit bilan sur cet événement. Est-ce vraiment la Fête du cheval, ou celle du cavalier ? Dimanche dernier, les centres équestres ont organisé des démonstrations diverses, et les chevaux ont travaillé encore plus que d'habitude. Eux, ils n'étaient pas du tout à la fête. Je n'ai pas vu une seule carotte sortie d'un sac pour les récompenser. Et si cette journée était l'occasion de ne pas les monter, mais de les regarder vivre, d'apprendre à les connaître, de répondre à leurs besoins ? Même si certains centres sont plus ouverts que d'autres au bien-être animal, il y a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire... 
Trois choses élémentaires à se rappeler pour le bien-être d'un cheval :
1 C'est un herbivore, il a besoin de brouter pendant des heures.
2 C'est un animal grégaire, il a besoin de contacts sociaux.
3 C'est un athlète, il a besoin de se dépenser. Or, beaucoup passent encore leurs nuits et leurs jours enfermés dans leurs toilettes !

"Vivre avec les bêtes", avec Elisabeth de Fontenay
et Allain Bougrain Dubourg, France Inter.

lundi 17 septembre 2012

Le lierre, rendez-vous des butineurs

Vulcain suçant le nectar du lierre avec sa trompe

Les plantes sont en fruits, le lierre est en fleurs. Décalé dans la saison, il offre son nectar abondant aux insectes jusqu’en novembre. Une aubaine pour les insectes affamés ! C'est le moment d'observer les vanesses, comme le vulcain, le paon du jour ou le Robert le diable, ainsi que les abeilles, les éristales (mouches déguisées en abeilles), les syrphes (mouches déguisées en guêpes) et bien d'autres.

Cet insecte n'est pas une abeille, ses gros yeux et l'absence d'antennes montrent qu'il s'agit d'une mouche déguisée...

Le lierre est une liane capable de couvrir le sol comme de grimper aux murs, aux poteaux ou aux arbres. Il n’étouffe pas les arbres, car ses crampons n’ont pas de fonction absorbante. Il tire sa nourriture uniquement du sol, et ne s’élève que pour chercher la lumière afin de fructifier. Un arbre en bonne santé ne se laisse pas envahir totalement par le lierre parce que son feuillage va priver la liane d’une partie de la lumière, et la fructification décalée des deux végétaux entraîne une alternance. De plus, le lierre est en hiver une protection thermique, et au printemps un lieu de nidification pour de nombreux oiseaux insectivores qui régulent les parasites. Il se rend ainsi utile à son tuteur.

mercredi 12 septembre 2012

La coccinelle s'envole !


Tout juste paru chez Milan, mon dernier livre est destiné aux enfants. C'est un bel objet cartonné et coloré, plein de tirets, de volets et d'animations diverses, dont une magnifique coccinelle dépliant ses ailes lorsque l'on ouvre la page. La collection "Docàpattes" a sorti des titres sur le poney et le loup, mais ne néglige pas les petites bêtes comme l'abeille et l'escargot. Les photos sont toujours superbes. J'en prépare un autre, mais là c'est top secret...

mercredi 22 août 2012