samedi 20 juillet 2013

Massacres de requins à la Réunion : une histoire de gros sous, comme d'hab...

La mort tragique d'une jeune touriste, le lundi 15 juillet à la Réunion, a provoqué des réactions totalement irrationnelles contre les requins, contre la réserve naturelle et contre la protection de la nature en général, occultant les causes réelles de l'accident : des histoires de gros sous, comme d'habitude, pour ne pas dire de corruption. Enquête en eaux troubles...

Tous les scientifiques l'affirment : une "infestation" de requins est biologiquement impossible, pas plus qu'une savane ne peut être "infestée" de lions, car les prédateurs sont régulés par le nombre de leurs proies. Présents depuis 450 millions d'années, les squales sont les points d'équilibre des écosystèmes marins et les garants de la biodiversité. S'ils aimaient la chair humaine, nous n'aurions jamais pu mettre un seul orteil dans la mer...

Pourtant, depuis 2011, la Réunion déplore 4 décès et 2 mutilés suite à des attaques de squales. Notons que ces accidents ont tous eu lieu en eaux troubles, donc en conditions risquées. L'Etat a mis en place un programme de recherches, CHARC, pour comprendre le phénomène. Mais les études demandent du temps, et quand il y a mort d'homme, les esprits s'échauffent et la raison se tait...

La FFS (Fédération française de surf) demande l'extermination immédiate des requins "en surnombre". La FFS est minoritaire chez les surfeurs, non légitime pour parler en leur nom, et très éloignée de l'esprit du surf, qui demande le respect des océans et de leurs habitants. Elle a déjà réclamé et obtenu l'abattage de requins, et contrairement à ce qu'elle a prétendu, cela n'a rien changé (l'expérience d'autres pays, tel Hawaii qui a chassé le requin pendant 31 ans sans résultat, serait pourtant digne d'être entendue).

Les chasseurs et les pêcheurs exigeant aujourd'hui des expéditions punitives contre les requins se sont vus privés de leur "terrain de jeu" avec la création de la réserve naturelle, et cherchent encore par tous les moyens à en annuler les contraintes. Quitte à prétendre que les scientifiques n'y connaissent rien et chassent les subventions, et que les écologistes sont de dangereux extrémistes néo nazis détestant les humains. Les conseillers scientifiques sont bénévoles et les écologistes défendent l'avenir de l'humanité, mais "Les cons osent tout, c'est à ça qu'on les reconnaît", disait Audiard...

Or, l'association Sea Shepherd rappelle que le programme CHARC ne mentionne aucune surpopulation numéraire de requins. Les requins des récifs ont disparu à cause de la dégradation du milieu, mais les requins bouledogues, qui comptent parmi les espèces potentiellement dangereuses, sont apparus. La multiplication des amateurs de pêche, et des déchets de poissons qui en résultent, est une des explications de la présence de ces nouveaux prédateurs amateurs d'eaux polluées

La réserve naturelle n'est pas un "garde-manger" à requins, sa mise en place est trop récente et le milieu reste très dégradé. Les requins bouledogues ne s'installent pas dans les récifs coralliens en bonne santé. C'est la pêche sous-marine qui est responsable de la dégradation de l'écosystème et de la présence nouvelle de ces requins si près de la côte. Dès les années 1970, le conseiller scientifique Roland Troadec l'affirmait déjà et s'en inquiétait, mais les lobbies sont puissants et la mauvaise foi infatigable. Les autorités connaissaient le problème des requins, mais ne voulaient pas que cela se sache (voir dernier lien ci-dessous).

Ce que les autorités ne disent pas non plus, et qui est au cœur du problème, c'est la responsabilité des abattoirs dans la présence des requins. Pour faire des économies, les industriels jettent les carcasses à l'eau. Ceux qui font ces calculs financiers sont les plus directement responsables de la mort des surfeurs et des touristes, et il serait temps que les Réunionnais sachent la vérité. Voir cette enquête sur place diffusée par Outremer le mag : http://outremerlemag.fr/index.php/societe/780-le-requin-a-tue-certes-mais-dites-la-verite-aux-reunionnais

Enfin, il est clair que les enjeux sont d'abord mercantiles et politiques. Maire de la commune de Saint-Leu et député, Thierry Robert est un anti-requin primaire ainsi qu'un anti-écologiste notoire. Coutumier des arrêtés municipaux illégaux, il est responsable d'une urbanisation massive qui s'est affranchie des contraintes environnementales. C'est à lui que l'on doit les problèmes de ruissellement et les coulées de boue de 2012. Mais protéger ses ambitions et ses intérêts personnels semble bien plus important que de préserver le patrimoine naturel réunionnais. La mise à mort de la réserve lui permettrait de faire diversion tout en fidélisant les pêcheurs et les surfeurs, et continuer ses plans d'urbanisme sauvage. Les requins sont bien raisonnables comparés à un tel appétit...


Il y a une faute, mais le message est bon...
Voir aussi :


dimanche 7 juillet 2013

"La France sauvage" sur You tube

Disponibles pour tous, les dix épisodes de "La France sauvage" sont désormais visibles sur Internet, et tant pis pour les droits d'auteur. Prêts pour une balade en mer ? Voici les liens pour la Bretagne et pour la Méditerranée :



mercredi 3 juillet 2013

Un nouveau ministre antinature ?


Philippe Martin s’est fait remarquer sur les gaz de schiste, certes, mais aussi sur la biodiversité ou la tauromachie, ce dont on parle moins. Les chasseurs se frottent les mains, les biologistes et les naturalistes n’y trouvent aucun espoir d’amélioration. Sur le terrain, les massacres continuent.
Dans les Bouches-du-Rhône, sur l'aéroport de Marseille-Provence, pas moins de 38 outardes canepetières sont abattues pour raison de sécurité vis-à-vis des avions, sans autre procédure, ni tentative de capture et déplacement (ce sont des oiseaux rares et protégés, élevés à grand frais en captivité pour repeupler nos régions). Le plan loup (autre espèce protégée) commence son élimination de 24 animaux par une femelle ayant probablement cinq louveteaux, ce que l’administration tarde à avouer, malgré ses promesses de transparence. Le préfet de Haute-Savoie entend flinguer TOUS les bouquetins du massif du Grand Bornand, soit quelque 350 bêtes, sous prétexte de brucellose, qui pourrait se transmettre aux vaches fournisseuses de reblochon. Projet aussi stupide que disproportionné, car s’il est exécuté nos vaillants chasseurs n’auront jamais tous les bouquetins, ils vont les disperser et contaminer d’autres massifs.
Bref, depuis quelques années les antinature sentent qu’ils ont tous les droits, et ils ne se privent pas d’en profiter. Menaces des pêcheurs contre quelques phoques (un veau-marin a même été tué à l’arme blanche par l’un d’eux), des éleveurs contre tout ce qui porte des canines, promettant d’abattre tous les ours, ayant déjà éliminé les lynx des Vosges dans l’indifférence de l’Etat. Passons sur les pièges tuants, la vènerie sous terre et autres pratiques aussi violentes qu’injustifiées.
Voici maintenant un ministre qui s’est clairement positionné en faveur de la chasse et de la tauromachie, mais pas sur la protection de la nature et des animaux. Il avait déjà demandé un prolongement de la période de chasse dans les Pyrénées, pour cause de « catastrophe naturelle aux activités cynégétiques », afin d’éviter des pullulations de sangliers et autres « nuisibles »… Mmmmm, encore du haut niveau scientifique. Les chasseurs ne s’y sont pas trompés, voici ce que l'on trouve sur la page Facebook de « Plaisirs de la chasse » :
Un nouveau ministre plus proche de nous
Philippe Martin, en tant que député du Gers (PS) était secrétaire du groupe chasse et territoire à l'Assemblée nationale avant d'accepter, tout à l'heure, le portefeuille de ministre de l'Écologie, en remplacement de Delphine Batho, limogée. Favorable à la tauromachie, ayant appelé au boycott des vins californiens pour protester contre l'entrée en vigueur d...'une loi californienne interdisant la vente de foie gras, Philippe Martin ne s'est toutefois jamais fait remarquer lors des débats sur la chasse à l'Assemblée nationale.
Dans son département, dont il est président du conseil général, il ne néglige pas ses relations avec la Fédération des chasseurs. « Moins de chasseurs c'est aussi le risque d'une perte d'influence du monde rural pour les décisions qui le concernent », déplorait-il l'an passé, lors de l'assemblée générale des chasseurs gersois.
Comparé à Delphine Batho qui n'avait aucune sensibilité particulière à la chasse, Philippe Martin serait « davantage à l'écoute » indique un de ses proches.
Conclusion : de toute évidence, les protecteurs de la nature ont encore de « beaux jours » devant eux. Non pas pour faire des choses positives, œuvrer réellement pour une nature plus riche, mais juste pour contrer les destructions de notre faune, qui ont encore et toujours la bénédiction de l’Etat.

Cet article publié sur le site des JNE a été cité sur LCI (LCI est à vous) le 6 juillet, sans doute parce qu'il parle de politique, espérons aussi parce qu'il évoque la nature. Espérons...


Un autre point de vue, celui de Fabrice Nicolino :

mercredi 12 juin 2013

Avec Elise Lucet au JT de 13 h de FR2

Elise Lucet connaît - entre autres - les enjeux de l'écologie, et sait faire passer le message. Ce fut une belle rencontre ce midi, avec une journaliste qui "fait son boulot", comme elle me l'a simplement dit. Mais si peu osent affronter les puissants et risquer leur poste... Et ce fut une chance d'avoir été l'invité du JT le lendemain même de cette enquête exemplaire sur l'évasion fiscale de "Cash investigation" (filature implacable, super montage, illustration visuelle inventive...). Le reportage a eu beaucoup de succès (en gros, 14 % d'audience pour les quelque 7 % espérés !) et prouve que le public est demandeur de VRAIES infos. Il aura sûrement des suites, ce qui est une excellente nouvelle !

Donc, dans les cinq dernières minutes du JT de ce midi j'ai parlé de la nature en bord de chemin, de baladothérapie, des forteresses végétales que sont les haies, des testicules du rouge-gorge ou du langage gestuel des chevaux...

Une belle critique dans le magazine ESpèces n°8
dans L'Oiseau Mag, dans Insectes, dans Sciences et Avenir, et même dans L'Inexploré !

samedi 25 mai 2013

Deux interventions radio à venir

RMC info dimanche 26, 7 heures
Avec Laetitia Barlerin, demain matin dans "Vos animaux", nous parlerons du printemps des animaux, et des comportements parentaux en bord de chemin. Mères poules, renardeaux, poulains et faons en perspective...

France Bleu Auvergne mardi 28, 13h30
Avec avec Christophe Noiseux, nous évoquerons la nature en bord de chemin. Surprise !


Et super merci à cette personne anonyme (mais qui connaît mon adresse) pour sa si gentille lettre de compliments sur "La nature en bord de chemin", et si joliment enlevée...

lundi 20 mai 2013

Fête de la nature mercredi sur France Inter !


La tête au carré, 14 heures
Stellaires en bord de chemin
Mercredi 22, ouverture de la Fête de la nature. Mathieu Vidard m’invite à parler de « La nature en bord de chemin » et de la republication du « Kama-sutra des demoiselles ». Au menu : la nature de proximité, thème commun des deux livres. Avec les plantes et les animaux visibles en cette saison : les orchidées sauvages qui poussent en ce moment dans nos campagnes, véritables leurres sexuels pour insectes mâles, les coucous qui se font entendre, le mystère des crachats de coucous, et des zooms sur les orties ou les flaques d’eau, c'est de saison.
http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-la-nature-en-bord-de-chemin




Hirondelles prélevant de la boue pour faire leur nid, d'où l'utilité des flaques d'eau.
Image tirée du mur Facebook de l'excellent magazine "La Salamandre"
https://www.facebook.com/revue.la.salamandre?fref=ts


"La France sauvage", le bocage
L'épisode de "La France sauvage" dont il a été question dans l'émission, "Le bocage en Bourgogne" fait partie d'une série de dix DVD sur les dix écosystèmes principaux de France : la mer en Bretagne, en Méditerranée, la ville, les étangs, le fleuve, la forêt, la garrigue, la montagne et le littoral nord. Ils sont proposés soit séparément soit dans un coffret "La France, l'intégrale" (Arte/Gédéon) avec ces épisodes et dix autres DVD, "Douces Frances". J'en ai écrit les scénarios et les commentaires. D'autre part, un 90 minutes également appelé "La France sauvage" a été tiré de ces épisodes par la production, mais je tiens à préciser que les commentaires de celui-ci, qui ne racontent rien, ne sont pas de moi.
Parallèlement aux dix épisodes, j'ai écrit un beau livre "La France sauvage" aux éditions La Martinière (voir plus loin dans ce blog).
Pour se procurer le DVD sur le bocage :
http://www.fifo-distribution.com/boutique/bourgogne-secrets-bocage-france-sauvage-p-1302.html

Et bientôt dans le dîner de Baffie
Pour parler entre autres du "Kama-sutra des demoiselles",
sans oublier un bœuf à la guitare sèche avec Sanseverino, Pauline et Shirel !
Ce sera sans doute, hélas, la dernière émission...
http://www.paris-premiere.fr/magazine-17e_sans_ascenseur/

mardi 30 avril 2013

La nature en bord de chemin

Prenez votre pied en marchant !

Plus de 700 photos, dont 140 de Fabrice Cahez, pour ce livre d'un genre nouveau. Conçu comme un véritable documentaire audiovisuel, "La nature en bord de chemin" est une visite guidée à travers les terroirs et les saisons. Plantes, petites et grosses bêtes, animaux sauvages et domestiques, tout ce qu'un promeneur peut rencontrer est exploré par un système de plans généraux et rapprochés d'un même lieu. Haie, touffe d'ortie, pré aux vaches, village, prairie fleurie, flaque d'eau, ronces, talus... Pour découvrir la vie cachée des abeilles solitaires, le comportement des oiseaux, les stratégies des végétaux, la beauté des orchidées sauvages, le vol des rapaces de jour et de nuit, les jeux des renardeaux. Un ouvrage au langage accessible pour une nature accessible, un grand bol d'air pur, un livre qui fait du bien ! Delachaux et Niestlé, 17X14 cm, 24,90 €, 256 pages.

Allain Bougrain Dubourg m'a invité à présenter le livre dans "Vivre avec les bêtes"
dimanche 21 avril sur France Inter, à écouter sur le site :

Voir aussi les lettres d'infos du festival de Ménigoute :

Le site de 20 minutes et le blog Planète :

Quelques extraits du livre


Une double page pour présenter les pissenlits, puis une sur leurs visiteurs. Ensuite viendront les graines en parachute...

Le langage gestuel des vaches, avant celui des chevaux... à décoder en promenade !

Les trèfles à quatre feuilles : quand le patrimoine culturel rejoint le patrimoine naturel...

Au petit matin, des petits malins (les photos de cette double page sont de Fabrice Cahez)...

vendredi 26 avril 2013

Le retour des martinets

Martinet noir sortant de son nid (Drôme)
Les martinets comptent parmi les derniers migrateurs à rejoindre nos climats, et les premiers à en repartir. Pressés, les martinets ! Ils sont connus pour voler très vite (plus de 200 km/h selon certains), pour se nourrir en vol, pour s'accoupler dans les airs, et même dormir en volant ! Ce sont les premiers aviateurs qui ont révélé ce comportement. Ils se sont aperçus qu'ils percutaient des volatiles à plus de deux kilomètres d'altitude la nuit. En effet, le soir, les oiseaux s'élèvent de 800 à 3000 m, puis se laissent glisser sous "pilotage automatique". Les martinets ne se posent quasiment que pour la nidification.

vendredi 12 avril 2013

Le Kama-sutra, le retour !




Saviez-vous que les escargots font de la musique avec leur narine, que les chevreuils se saoulent, que les mésanges parfument leur nid, que les chevaux parlent avec les oreilles, ou que les sauterelles entendent avec les pattes ? C'est ce que vous découvrirez dans ce Kama-sutra animalier...

Cela fait trois sorties de livres ce mois-ci ! Après "Les petites bêtes" (Milan), et avant "La nature en bord de chemin" (Delachaux et Niestlé), voici la republication en format poche de mon "bêtes-seller" : "Le Kama-sutra des demoiselles" (Robert Laffont). Les demoiselles, étant des libellules, évidemment... Pour tout savoir sur les petites et grosses bêtes qui nous entourent, une foule d'anecdotes afin de découvrir l'extraordinaire qui palpite dans nos jardins, nos villes et nos campagnes...

dimanche 7 avril 2013

Ah que coucou !

Entendu le premier chant de coucou aujourd'hui, ainsi que des alouettes des champs. De nombreux pouillots en migration chassent les insectes aquatiques au-dessus de l'eau avec beaucoup de dextérité. Des mésanges charbonnières nichent déjà, mais que vont-elles pouvoir donner à manger à leurs oisillons ? Les chenilles ne sont pas encore là... Les hirondelles rustiques continuent de passer.

samedi 6 avril 2013

Les mystères de la salamandre

Demain dimanche sur France Inter
Je répondrai à des questions d'auditeurs sur la salamandre tachetée, notre espèce la plus "commune", bien qu'en cours de raréfaction. Beaucoup de légendes circulent autour de cet animal... "Vivre avec les bêtes", une excellente émission présentée par Elizabeth de Fontenay et Allain Bougrain Dubourg, de 15 à 16 h.